samedi 9 avril 2011

LA BRÊCHE

Il aurait fallu des points
Pour refermer vite la plaie
Mais il en a été autrement
La brèche
Béante
Palpite
-Compresse-la !
La brèche
Qui se cicatrise
Lentement
Mais sûrement…
Il reste une raie blanche
Sur ton corps
Il reste une raie pourpre
Dans ton esprit
C’est ton histoire
Tu ne l’oublieras jamais
Fais avec !
Alors
-Vis !
Avec ta brèche.
Nous sommes tous des ébréchés de la vie
Et puis c’est ainsi,
Des raies rouges muettes,
Des raies blanches qui murmurent...
Alors
-Vivons !

dimanche 3 avril 2011

ELLE SURVIT DOUCEMENT

Le décor est nu
Elle est immobile
Pourtant dans son petit corps
Un air tiède s’envole
Elle inspire, puis expire,
Là, comme ça, tout doucement
Elle reste immobile
Les yeux clos
Les membres ankylosés
De n’avoir rien pu dire
L’esprit épuisé
D’en avoir trop dit
Elle se sent vide, ne comprend plus rien
Sa vie n’a pas de sens,
Elle ne se souvient pas qu’elle en eût eu un
Enfin peut-être
Autrefois
Quand ses jambes sautillaient encore
Et que l’air vif du matin
Lui réveillait les sens
Quand les journées existaient
Un jour, une nuit
Là tout est monotone aujourd’hui
Monochrome
Elle survit…

vendredi 4 mars 2011

FARD QUOTIDIEN -HAÏKU-LONG V

Pensée d'autrefois

Présence ou absence
Illusion d’un instant vrai
Sifflement, battement, souffle
Aussi perçant qu’un cri
De joie ou d’effroi…
Silence, rythme, rythme silencieux
Oppressant, rassurant à la fois
Bruissement des feuilles
Craquement des lignes
Ecriture figée
Mémoire d’enfant.

Ombre qui coule
Témoignage et confusion
Est-ce-vrai ou bien réel ?
Empreinte qu’à la dilution
Un instant privilégié ou privé,
Privatif…
Calligraphies, transparences
Silence opaque, assourdissant
Silence trop plein
Trace qui rassure
Présence calorique…

Arbre humanifié ou humain arborescent ?
Ramifié ou incandescent
Branches aux filiations infinies
Le fluide énergétique qui nourrit
Extension maximale, élan vital
Contact amplifié pour imbiber
Aspirer…
Gouttes attirées par le ciel
Mais qui sèchent avant
Lumière qui fait vivre, voir l’ailleurs
Quand cela fait rêver puis s’évanouit.

Et le sens ?
Reflet et inversion
Cette vaine tentative
Mots qui deviennent impuissants
Inutiles…
Lancinant mouvement
Berceuse pour soi
L’artifice est évident
Quand bien même protection
Membrane qui isole,
Calfeutre.


jeudi 24 février 2011

VOUDRAIS-JE...

Je veux rire dans tes cheveux
Comme un albatros heureux
Pleurer dans l’eau amère
Qui se forme sous tes yeux
Je veux chanter à la terre entière
Mon bonheur de vivre enfin
J’ai compris je me suis comprise
Le temps d’un instant
Et sachez-le bien
Comme c’était là mon chemin...

Sable froid et petits cailloux

Sable froid et petits cailloux
Idée d'hiver les pieds nus
Dans lune mer de nuit.

Corps en huile noire

Corps en huile noire
Ecrasé sur la toile
Empreint du désarroi
D'antan

La corde du ciel

La corde du ciel
Funambule y chancelle
Atteint le soleil...

L'arc-en-ciel

L'arc-en-ciel
En cerf-volant
Goûte du vent

I CAN'T BEAR!

Icare s’envole pour retomber, quel idiot!

Carré plein de coins, pourquoi pas des ballons qui s’envolent
Accroc à mon âme, en voler une autre?
Naufrage en radeau, méduse qui s’endort
'
Terreur nocturne, radeau du rêve s’envol'

Barbarie ça me tue, tuer pour Méduse
Ennui barbare et barbant
Acrostiche en accroc de lettres envolées dans l’air d’esprit
Raccord (?)

LE LIVRE UTILE

Le livre utile
Qui nous arrache les sens
Qui fait crier l’âme et suinter l’encre des émotions
L’ancre que l’on jette là quelque part dans ce lieu dont l’on a l’impression de s’y (re)connaître déjà
Les écluses des vies passées, rêvées ou en à-venir
Où l’écriture des mots ne fait qu’une avec leur sincérité
Où les images fusent en nuances de gris, bleu-mauve ou jaune orangé
Un livre qui nous devient cher comme la pupille de nos yeux
Un livre que l’on dévore non comme l’ogre mais comme un affamé pudique qui a soif et faim de vérité
Un livre utile…

La Passe-Muraille

La petite Alicia se regarde dans sa glace. Elle s’interroge : zut ! Mes yeux sont-ils devenus translucides…? Ainsi ! Qu’il en soit comme cela et je traverse le miroir de mes pupilles…

Alicia, agacée de se traverser maintes et maintes fois décida alors de changer son miroir et de transformer celui-ci en glace en cornet aux sept boules-arc-en-ciel aux mille goûts multicolores à dévorer…

Rassasiée comme une petite fille peut l’être, elle passe de nouveau la muraille de son iris transparent et arrive maintenant prête à la nouveauté dans un monde qui l’attendait, mais en son temps… -un monde qui cette fois-ci s’était montré il est vrai fort compréhensif…

Ce monde n’est pourtant pas d’une bienveillance naturelle. Il se trouve être plutôt dur et froid, il sait même être cynique et râpeux… Mais il aime les êtres purs et la petite Alicia était un être ainsi construit…

Ce soir en-barque-et...

Embarquée dans les rouleaux d'écume,
La tête qui s'emplie de liquide bleu
Je crie à tue-ma-tête
A qui -personne- peut entendre
"-Ne m'abandonnez pas"
Je n'aperçois la rive
Qu'en mirages humides
De vagues ivres...
JE suis ivre,
En fait juste fatiguée,
Ecrire pour atteindre mon île
De paix...