jeudi 26 février 2009

UN PETIT FLACON DE VERRE... BLEU

Éther grisant
Flacon, fiole, vasque, coffret de verre,
Bleu
Comme ton regard
Qui baisse les yeux
Indigo,
Indigné de trop en dire
Mais digne d'être...

Vapeurs, essences chromatiques
Enivrent mes narines
Wagon du temps suspendu
S'arrête dans la gare
Hagard
Sans fard
Trop tard je repars...

Les larmes de verre
Cristallisées
Dans cette eau amère
Iode aux ressac éphémère
S'enferre
Dans ses dents de mer
Enfer...

Ou madeleine
Mange de la mémoire
Le nez prompt à se perdre
Délicieusement dans le
Cellier aux mille
Souvenirs, armoire
Reste entrouverte
En fête...

Voleur d'odeurs
Senteurs par coeur
Parfum sans heures...

Un petit flacon de verre,
Bleu...

mardi 24 février 2009

LA MAISON DE POUPEE

*****
La Maison de Poupée

Ou la maison des fantômes...

Elle est en papier

Et ses hôtes monotones...

Les aiguilles de l’horloge

Tournent à l’envers...

Les miroirs sont couverts

Des draps usés jaunes...

vendredi 20 février 2009

LE BANC...


J’aime que l’on s’asseye Ici et Prenne un peu de temps Pour réfléchir Il est cinq heures cet après-midi Les enfants sortent de l’école Ils aiment bien passer par mon parc L’après-midi s’étire en fin de journée chaude C’est juste paisible…

mercredi 18 février 2009

LA CHAMBRE

...Cage flottant sur la furie des eaux

Le ciel par là semble moins obscur

La vitre salie par des promesses atones

Sans mots, cherche-bruit à tâtons...

mardi 17 février 2009

MAISON-ANCOLIA

MAISON-ANCOLIA

"C’est un lieu bien étrange…
J’y reviens toutes les nuits.
Je visite la maison pièce après pièce,
Nuit de songe après nuit de songe…"

Aujourd’hui c’est mon premier jour ici.
Je viens d’arriver, je suis un peu perdue…
Je ne me rends pas bien compte.
Je sais juste que
Je suis assise sur mon lit,
Que les volets sont fermés
Et la chambre sombre.
J’ai une petite lampe de chevet
Et un livre sur la table de nuit.
Il doit être tard.
Le silence est opaque comme
Celui de la nuit profonde et bien entamée…
Pourquoi suis-je ici ?
Je me souviens juste
Que de me souvenir est vain…
Je me sens vide…
Et un peu oppressée avec ces volets clos...
Je vais les entrouvrir au moins un peu.
Je fais tourner le crochet qui grince
Tout doucement et sans trop de bruit…
Et pousse lentement les volets
Pour faire rentrer un filet d’air
Dans cette petite pièce calfeutrée…
La nuit est tiède
La lune brille en croissant
Au-devant de moi….
Enhardie par l’air obscur et doux
J’enfourche le petit rebord.
Je suis maintenant assise,
Les pieds flottant dans le vide…
Je ne me souviens pas
Si je suis à l’étage,
Ni même à quel étage.
J’ai l’esprit bien embrumé
Pour me souvenir de ces détails
Mais bien enclin à sentir
La douce brise sur mon front.
Je ne veux plus rester dans cette chambre,
Je vais faire juste un petit saut en avant
Et communier entièrement avec l’atmosphère
De quiétude ici en dehors…

J’ai du perdre connaissance.
De l’herbe mouillée
Me chatouille le nez
Et puis j’ai froid soudain.
Depuis combien de temps suis-je ici ?
Sans avoir la réponse, je me relève
Mais ma chemise de nuit
Est trempée et glacée.
Je lève les yeux
Je remarque de la lumière
Qui sourd de la fenêtre là-haut…
Il me faut rentrer,
On doit se demander
Pourquoi est-elle partie…?
-Pas vraiment partie!...
Juste prendre un peu d’air...
Je m’approche à tâtons de la porte que
Je sais être celle de l’entrée…
Vite je remonte il fait si froid….

"Je suis alors témoin d’une bien étrange scène.
Même dans l’absurdité de mon rêve
elle me semble fort singulière...
Quelle scène curieuse... parce que,
savez-vous cette petite ombre
glisse toutes les nuits dans le jardin
sur le tapis de rosée…
Elle se laisse choir comme une plume…
De son troisième étage...
Et quelques instants plus tard,
elle se relève, rentre par l’entrée...
Puis au bout d'environ dix minutes,
elle réapparaît à sa fenêtre et
Tombe à nouveau légèrement de là-haut…
Comme un ange sans ailes...
Elle remonte, s'envole, retombe...
Sans réaliser sa pesanteur,
Remonte, s'envole, retombe...
Sans réaliser le sens de sa chute,
Ni cette réalité dépourvue de fin...
Et ainsi durant toute la nuit
Et ainsi toutes les nuits…"

C'est ainsi dans la Maison des Ancolies...
C'est ainsi pour mon rêve de cette nuit...

mercredi 11 février 2009

ANNA

Comment parler de toi
Quand que les mots s’écrasent sur la vitre
Du train sans destination
Que nous avons pris
Et sans vraiment
En avoir conscience…
Par défaut…
Pour mon salut...
Et c’était
Mon dernier voyage
Je me l’étais
Juré …

C’est un voyage pendant lequel
L’on peut s’assoupir
Sans vigilance
Tu es assise à côté de moi
On a un peu discuté
Dévalé ensemble les mondes
Que l’on traîne
Enfin c’est surtout moi…
Et mes mondes…

Caressée par
Des chuchotements de caresses
Le bruit doux et lancinant
Sécurisant d’ici
Où je t’ai suivie
Je crois même que c’est toi
Qui m’a appelée
Quand je m’éloignais toute seule
Dans la ruelle de Crève-
Cœur….

Tendresse de mon ange
Ma maman, mon amie,
Mon autre moi-même…
Oui alors c’est vrai,
Je m’endors en paix
Maintenant…

C’est pour toi que j’écris tu sais,
Je virevolte autour des mots
Dans un nuage d’embruns
Qui se forme tout autour de moi
Adoucissant les contours des lames...
C’est toi mon tourbillon
Qui m’aspire
Au-dessus des toits…

Anna mon amie
D’envols,
De rêves,
Des yeux fermés,
Des joies sans failles,
Des trains sans arrivée,
Sinon celle
Que je voudrais
Quand je le voudrais
Bien...

dimanche 8 février 2009

P-AL-I-M-P-S-E-S-T-E

P
Palabre Pénélope Perte Persistance Personne Pluie Pollen Palanquin Partition Perpétuelle...

A

Aveuglément Annihilée Albertine Apprend Autodidacte Appel Arrachée Anonyme Affectée Arbrisseau...

L

Labyrinthe Larmoyante Longtemps Litanies Livides Laissant Labourer Loquet Lamellicorne Lapsus...

I

Icône Ignorance Imaginant Immatériel Inclination Irréversible Isolée Ivre Instable Innée...

M

Misère Manipule Méandres Mauves Minute Miroir Momifiée Monde Musc Mystère...

P

Prière Prêteur Poème Palais Philanthrope Pandore Papillon Paraître Poussière Parabole...

S

Sablonneux Sacrifice Sang Somnambule Sas Synopsis Servile Somptueux Spirale Source...

E

Empreinte Ensemble Ecorcher Ecorce Enveloppe Esthète Etang Etant Emu Exultante...

S

Semaille Salie Santal Sans-fil Sauterelle Schiste Secte Serpentée Sitôt Sucrée...

T

Tasse Tarentelle Tectonique Terminale Tilleul Toréer Tourmenter Transgresseur Traquée Trébuchante...

E

Eclipse Echo Effacer Empoisonnée Ego Echappée Et caetera Ether Envol Embellie...


jeudi 5 février 2009

LA BOÎTE....

Personne aujourd’hui
Ne pense à sa boîte…

Je peux donc
Me permettre
D’entrouvrir
La mienne...

Ma boîte noire
Ma mémoire...

Je l’extirpe d’en bas
De ma bibliothèque
Je m’assieds sur le canapé
Placidement…

La boîte aux idées?
La boîte aux secrets?
La boîte aux rêves?
La boîte aux tourments?

Ouvrir, c'est s'engager
Dans le tourbillon
De ce que l'on ne peut plus
Maîtriser...

Des choses enfouies
Oubliées,
Ou plutôt rayées,
Effacées...

Tout
Revient
Avec la force
De la résurgence
De l’indigeste…

Prendre le risque
D’ouvrir

La boîte de Pandore ?

(Dans dix ans peut-être...)

lundi 2 février 2009

LES LOGES DE MON CERVEAU...

Etude de phrénologie "Art-sans-hasard" appliquée

1. Vestibule d’entrée à Utopia…

2. Grand-salon pour reposer les questions sans réponses…

3. Salle-à-dévorer des repas gargantuesques…

4. Salle de billard pour des duels manichéens…

5. Fumoir-cellule pour les persistants…

6. Salon des Dames pour conversations privées…

7. Petit vestibule sas de décompression…

8. Bibliothèque de rencontres avec de grands maîtres…

9. Petit salon (ancienne chapelle de cultes incroyables)…

10. Bureau pour rédiger toutes les correspondances sans correspondant …

11. Cuisine très équipée sans aucun marmiton

12. Cellier ou salle des épices des mille-et-un coins du monde…

13. Arrière-cuisine dans laquelle on ne se prive de goûter tous les mets en avant-première…

14. Chambre jaune pour les audacieux…

15. Chambre bleue pour les mélancoliques…

16. Chambre verte pour les fous…

17. Chambre face-lune pour les rêveurs…

18 et 19. Chambre-suite… à suivre…

20. Petit escalier des pas feutrés…

21. Petite terrasse donnant sur l’allée de rhododendrons…

22. Cave composée exclusivement de vins nobles papaux…

23. Grand escalier descendu nu c’est selon dada …

24. Salle-de-bain mauve …

25. Le bain-maure ou hammam…

Et pour finir,…

26. Placard noir où l’on enferme-à-double-tours tout ce qui importune… !!!